1939-1945 LA FIN DES SYSTÈMES FORTIFIÉS
SOMMAIRE :
1939-1946 La fin des systèmes fortifiés
Le monde change
La mission principale des fortifications qui consistait à bloquer des points de passage obligés a progressivement perdu de son importance. Les rapides progrès techniques de l’aviation et des véhicules tout-terrain portent un coup décisif à leur utilité. Les énormes progrès en matière d’artillerie, obus à perforation profonde, la mise au point d’obus à charges creuses et des calibres de plus en plus gros, mais également en matière de moyens d’attaque aérienne et tout terrain vont rendre les coûts de construction absolument prohibitifs. Les systèmes fortifiés sont devenus extrêmement complexes, leur service requière des équipages très spécialisés.
Les fortifications vont devenir contreproductives en fixant de nombreuses hommes qui manqueront là où le cours de la guerre requière des moyens opérationnels réactifs. Elles engloutissent des moyens techniques et financiers disproportionnés, leurs armements et leur niveau de protection risquent une obsolescence rapide. La formation des hommes est fortement impactée par une vision uniquement défensive et donne finalement un illusoire sentiment de sécurité.
Les progrès de l’artillerie
L’industrie de l’armement poursuit ses recherches pour améliorer les performances des canons, augmentation du calibre, invention de la charge creuse ou obus avec retardement pour atteindre des cibles souterraines, etc.

Le 3 septembre 1939, deux jours après l’invasion de la Pologne par l’armée allemande, la France déclare la guerre à l’Allemagne. La mobilisation est enclenchée, la Ligne Maginot est activée, et … aucune action militaire n’est enclenchée, la « drôle de guerre » commence. Le 10 mai 1940 débute l’attaque allemande en Belgique, qui comme en 1914 cherche à contourner les lignes défensives françaises (la Ligne Maginot), avec l’attaque du fort d’Eben-Emael en Belgique par des troupes aéroportées. Il est pris en moins de 24h par 85 parachutistes qui ont utilisés des charges creuses pour détruire les tourelles d’artillerie. La porte des Ardennes est ouverte, trois divisions blindées commandées par le général Heinz Guderian vont percer le front aux alentours de Sedan. La bataille de France ne durera que 6 semaines jusqu’au cessez-le-feu du 25 juin 1940.
La course aux armements
Le conflit se mondialise progressivement. L’économie de guerre s’impose à tous les belligérants. De vastes programmes de recherches en matière d’armements sont lancés. Les résultats sont spectaculaires.


Les bombardiers en piqué allemands sont conçus pour placer précisément les bombes sur leur cible. Ils ont joué un rôle très important lors du Blitzkrieg.
Le Junkers Ju 87 \ »Stuka\ » pouvait emporter une bombe de 500 kg. Un total de 6 500 exemplaires, tous modèles confondus, ont été construits de 1936 à 1945.
Avec l’entrée en guerre des Etats-Unis l’équilibre des forces est rompu.
Construit à 12 677 exemplaires, le bombardier B17 avait une capacité d’emport de 2724 kg de bombes.
Le B29, fabriqué à 3 970 exemplaires de 1943 à 1946, avait une capacité de 9 à 10 tonnes.


Les chars d’assaut vont eux aussi bénéficier de nombreux progrès : le Panzer II de 1935 pesait 7,2 tonnes, son blindage était de 10mm. Il était armé d’un canon de 2cm. Le Tiger II en 1944 pesait 69 tonnes avec un blindage de 110mm à 200mm. Il était armé d’un canon de 88mm.
Par comparaison l’armée américaine sera équipée de 1941 à 1945 de chars Sherman (27 tonnes, canon de 75mm) et de Pershing (42 tonnes, canon de 90mm).

La fusée V2 produite à partir de 1944 permet d’envoyer une charge explosive de 800km à 300 km. Elle préfigure les fusées intercontinentales qui seront développées par les puissances nucléaires.
Les fortifications permanentes ?
Face à l’évolution technique, le rôle qu’ont joué les fortifications dans l’histoire ne peut plus être assuré. La campagne de France de 1940 l’a clairement démontré et l’absurde Mur de l’Atlantique en est une autre illustration. Les largages des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki et l’ère des fusées ont définitivement scellé le sort des fortifications permanentes.

