1871-1883 L’ÈRE DES FORTS DÉTACHÉS

1872 L’ère des forts détachés

Plusieurs villes fortifiées ont été assiègées pendant la guerre de

1870 : Belfort, Bitche, Metz, Paris, Péronne, Phalsbourg, Sedan et Strasbourg.

Le bombardement des enceintes fortifiées souvent agées de plus de cent ans ont mis en évidence leur obsolescence et provoqué d’importantes destructions à l’intérieur même des villes.
Les idées novatrices de Marc-René marquis de Montalembert (1714-1800) exposées dans son œuvre majeure publiée en 1776 à 1778 « La fortification perpendiculaire » ont été ainsi clairement démontrées et inspireront de nombreux systèmes fortifiés construits après la guerre de 1870.

1872-1883 Le système « Séré de Rivières » en France

Le Comité de Défense est créé en 1872. Il est constitué du ministre de la guerre et de hautes personnalités militaires notamment du génie et de l’artillerie. Le général Raymond Adolphe Séré de Rivières (1815-1895), ingénieur militaire, sera nommé en 1873 secrétaire du comité puis en 1874 directeur du Service du Génie. Il élabore le nouveau concept de défense de frontières face à l’Allemagne et l’Italie : les lignes défensives dites « Séré de Rivières ». Une ligne continue de places fortes, de forts et d’ouvrages distants d’environ 3 km les uns des autres pour assurer un flanquement mutuel. Les places fortes sont entourées d’une ceinture de forts détachés distants d’environ 6 à 8 km de la ville.

1873-1884 Les ceintures de forts détachés « von Biehler »

Hans Alexis von Biehler (1818-1886) occupe le poste de directeur puis d’inspecteur général du service des Fortifications impériales de 1873 à 1884. L’Allemagne dotera ses principales places fortes de ceintures de forts détachés. Ces ceintures sont constituées de « Biehler Fort », construits selon un plan neo-bastionné à quelques variantes près, distants environ de 3km les uns des autres pour assurer un flanquement réciproque, à une distance d’environ 6 à 8 km de la ville.

La place forte de Verdun vers 1880
La place forte de Strasbourg vers 1880

Une technique et une architecture dans la continuité

Les ouvrages sont construits avec des techniques traditionnelles : la pierre de taille, la brique et des massifs de terre. L’artillerie est implantée sur les dessus des ouvrages, à ciel ouvert. Les ouvrages sont toujours entourés de fossés secs ou humides selon le localisation topographique.

La similitude des concepts et des plans de cette génération de fortifications est remarquable.

Un plan type « Séré de Rivières » : le Fort de Troyon
Le plan type d’un fort « Biehler » : Fort Großgherzog von Baden
Le fossé de gorge du Fort d’Uxegney (Epinal)
Le fossé de gorge du Fort Großgherzog von Baden (Strasbourg)
Le Fort de Douaumont après les renforcements (Verdun)
André Brauch
Le Fort Großgherzog von Baden (Strasbourg)
André Brauch
Fort de Bois l’Abbé (Epinal)
Fort Großhereog von Baden (Strasbourg)

Ces forts sont construits selon des techniques traditionnelles. Les matériaux principaux sont la pierre de taille et la brique.

Tableau
André Brauch
🡸 1871 UNE SITUATION POLITIQUE ET STRATÉGIQUE NOUVELLE1883 : LA CRISE DE L’OBUS À BRISANCE 🡺